Ségolène Royal réussit à rester incontournable à gauche
La socialiste Ségolène Royal, battue à la présidentielle par Nicolas Sarkozy et vivement attaquée dans son propre parti, réussit à rester incontournable pour une gauche française qui se cherche et dont elle compte toujours incarner le renouveau.
Selon un sondage publié la semaine dernière par l'hebdomadaire Marianne, 71% des électeurs de gauche,
et 46% tous bords confondus, souhaitent que Mme Royal soit
la candidate de la gauche à la prochaine présidentielle en 2012.
Des chiffres qui montrent qu'à 54 ans l'ex-candidate «garde une légitimité» pour incarner la gauche dans les prochains grands rendez-vous électoraux, relève Jean-Daniel Levy, de l'institut CSA
qui a réalisé ce sondage.
Mme Royal «a essuyé une défaite qui n'est pas totalement perçue comme telle, tant par elle-même que par son électorat», mais comme celle du PS dont elle avait pris soin de se démarquer,
explique-t-il à l'AFP.
Elle a été la cible ces derniers mois d'une série d'attaques assassines de la part des caciques du Parti socialiste, dont l'ex-premier ministre Lionel Jospin qui a jugé qu'elle avait été une
«illusion» et la candidate «la moins à même de gagner» la présidentielle.
Raillée pour des bourdes diplomatiques, accusée d'«incompétence», on lui reproche désormais avant tout son manque d'autocritique après sa nette défaite de mai. Elle accuse en retour les ténors du
PS (les «éléphants») de ne pas l'avoir soutenue et reste persuadée qu'elle a toujours un «destin» politique.
Plusieurs personnalités de gauche ont pris sa défense, comme l'ex-premier ministre Pierre Mauroy qui a dénoncé le «réquisitoire» à son encontre.
Après une série d'ouvrages à charge, ses partisans ont lancé la contre-attaque sur le front éditorial avec le livre d'un ancien responsable de sa campagne, Patrick Menucci («Ma candidate»), et
d'autres titres sont annoncés de la part de proches de Mme Royal.
Dans un livre
appelant à repenser la gauche française, le philosophe en vue Bernard-Henri Levy lui a réitéré son soutien, une initiative remarquée, tant la politique d'«ouverture» de M. Sarkozy a le vent en
poupe.
«Rassembler, expliquer, fédérer, voilà le seul rôle que je me donne», expliquait Mme Royal au quotidien Libération de lundi.
Tout en exposant sa volonté d'incarner le renouveau des socialistes français, elle affirme ne pas encore savoir si elle briguera la succession de son ex-compagnon François Hollande à la tête du
PS, au prochain congrès du parti en 2008.
Le «vide relatif» à gauche peut en tout cas jouer en sa faveur, observe le politologue Philippe Braud.
Dominique Strauss-Kahn, qui incarne l'aile social-démocrate du PS, vient d'être nommé pour cinq ans à la tête du FMI et l'ancien premier ministre Laurent Fabius, qui veut incarner l'aile gauche,
semble marginalisé.
Quant au maire de Paris Bertrand Delanoë, qui fait figure de probable concurrent de Mme Royal à la tête du parti, il ne s'est pas encore «démasqué», relève M. Braud.
Mais cet analyste souligne que Mme Royal est plus appréciée par le «peuple de gauche» que par l'appareil socialiste, dont l'hostilité pourrait lui nuire si elle briguait le poste de leader du
PS.
Consciente de cette faiblesse, l'ex-candidate a exprimé lundi son intérêt pour des primaires ouvertes, comme en Italie, à tous les sympathisants de gauche et non pas aux seuls militants.
Il faut maintenant se mobiliser en masse pour soutenir Ségolène Royal
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