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Samedi 14 juin 2008

L'Irlande vers un "non" à l'Europe

C'est presque confirmé. Selon les premiers résultats, le "non" au référendum sur le traité de Lisbonne arrive en tête dans la majorité des 43 circonscriptions que compte l'Irlande. Après le rejet du Traité constitutionnel en 2005, la victoire du "non" plongerait l'UE dans une grave crise institutionnelle. A trois semaines de la présidence française, les Vingt-sept semblent dans l'impasse.

"Le traité de Lisbonne est mort". Le leader du parti travailliste irlandais, Eamon Gilmore, a sa tête des mauvais jours. Commentant les premiers résultats qui donnent le "non" en tête, dont la formation était favorable au traité européen, n'a pu que reconnaître la défaite. "Les Irlandais se sont prononcés et il faut respecter leur décision", a-t-il déclaré.

A la mi-journée vendredi, les résultats définitifs n'étaient toujours pas connus. Mais la tendance est claire. Des résultats partiels officiels donnent la victoire du "non" dans 27 circonscriptions sur 37 dépouillées. Le résultat des six dernières circonscriptions est encore attendu. Toujours selon ces résultats partiels, le "non" totalise 53,66 % des votes contre 46,34 % pour le "oui". Selon les estimations de la RTE, le "non" l'emporte dans 38 des 43 circonscription.

"Manifestement, c'est décevant. Il est clair qu'il y a un très important vote en faveur du 'non'", a reconnu assez vite le ministre de la Justice, Dermot Ahern. Dans la capitale, le "non" arriverait en tête dans cinq circonscriptions, le score étant partagé dans trois autres et le "oui" dominant la tendance dans une autre. L'Irlande est le seul pays européen à se prononcer par référendum sur le traité de Lisbonne, qui a remplacé la Constitution européenne après les "non" français et néerlandais en 2005.

La perspective du rejet du texte par la majorité des 4,2 millions d'Irlandais replonge l'Union européenne dans une grave crise institutionnelle. A trois semaines de la présidence française, les options seraient limitées pour Nicolas Sarkozy, d'autant que les gouvernements de l'UE ont fait savoir qu'il n'existait pas de "plan B". "Je suis effondré", a réagi vendredi après-midi le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, sans attendre la proclamation des résultats définitifs. "Cela envoie un signal négatif dans le cadre d'une Europe en pleine reconstruction sur le plan institutionnel", a-t-il encore estimé.

Le Premier ministre français François Fillon avait déclaré jeudi que si le "non" l'emportait en Irlande, "il n'y a plus de traité de Lisbonne sauf à reprendre le dialogue avec le peuple irlandais". Nicolas Sarkozy n'a pas voulu s'exprimer dans l'immédiat. "Nous avons convenu avec la chancelière allemande Angela Merkel que nous ferions une réaction commune et vous comprendrez que (...) c'est à ce moment-là que l'on dira ce qu'on en pense", a-t-il déclaré, le visage fermé, aux journalistes qui l'accompagnent dans son déplacement à Bourges (Cher). En Irlande, le ministre des Affaires étrangères, Micheal Martin, a regretté un "manque d'information". Alors qu'on attend toujours les résultats définitifs, l'heure est désormais à l'analyse.

Source : le journal du dimanche

Déclaration de Ségolène Royal sur la Déclaration de principe du Parti socialiste

Chers amis,

Demain, lors de la Convention nationale, les socialistes vont adopter leur nouvelle déclaration de principe.

Je sais qu’il y a bien du scepticisme autour de cette démarche, et ce n’est pas l’adoption unanime d’un texte qui suffira d’ailleurs à le lever, chacun le sait.

Mais je veux vous convaincre que cet exercice n’est pas anodin.

Ce texte, c’est en quelque sorte la carte d’identité du Parti socialiste. C’est celui qui permet à chaque militant, chaque adhérent, de répondre aux questions simples qui nous sont parfois posées : Qu’est-ce qu’être socialiste ? Pour qui, pour quoi luttez-vous ? Comment vous situez-vous par rapport au capitalisme et à l’économie de marché ? Quel est votre idéal ? Quels sont vos moyens d’actions ?

Ces derniers temps, les socialistes pouvaient donner l’impression qu’il y avait autant de réponses à ces questions (pourtant anciennes) que de dirigeants ! Il n’est donc pas inutile d’y mettre bon ordre, d’actualiser nos valeurs, nos références, nos principes.

Il y a dans cette nouvelle déclaration de principe des avancées qui méritent d’être soulignées. Les idées font leur chemin car, avec ce texte, bien des acquis de la campagne présidentielle font leur entrée dans la carte d’identité de notre parti.

En voici quelques exemples parmi d’autres :

-      L’écologie : La déclaration de principe dit que le socialisme moderne a pour tâche essentielle, avec l’émancipation sociale, la sauvegarde de la planète et l’invention d’un nouveau modèle de développement, en rupture avec le productivisme qui a longtemps fait partie des références à gauche. Certes, il était temps. Mais c’est la première fois que l’environnement acquiert cette place centrale dans une déclaration de principe socialiste.

-      Le PS réaffirme qu’il incarne une critique du capitalisme plus que jamais d’actualité à l’heure de la mondialisation et de la financiarisation. Ici, rien de neuf, mais cela va mieux en le disant ! Surtout, la déclaration clarifie ce que nous opposons au capitalisme: une économie sociale et écologique de marché, combinant secteur privé dynamique et secteur public efficace.

-      La démocratie est affirmée comme une fin et un moyen dans ses quatre piliers : démocratie politique et démocratie sociale, démocratie représentative et démocratie participative.

-      Et puis, de nombreuses références sont inscrites dans notre déclaration de principe pour la première fois : la place centrale du travail et le refus de l’assistance, une conception exigeante de la citoyenneté comprenant droits et devoirs, la sécurité des biens et des personnes pour tous, notre définition de la Nation française, le féminisme, des affirmations telles que « le PS est un parti décentralisateur » qui hier auraient soulevé de longs débats...

-      S’y ajoute le respect des règles et des militants et l’exigence que les décisions collectives soient respectées.

Bien sûr, cette nouvelle déclaration ne clôt pas notre débat de congrès, elle l’ouvre. Elle n’est pas un aboutissement de la rénovation, mais un point de départ. Mais que tout cela soit désormais inscrit dans le patrimoine commun des socialistes, et qu’ils se rassemblent autour de lui, oui, je m’en félicite.

Source : Désirs d'avenir

Le mépris du dialogue social : les syndicats trahis

À Paris, le gouvernement a d’abord incité les syndicats à négocier. Alors la CGT, la CFDT, le Medef et la CGPME ont accepté, à titre expérimental, d’assouplir les règles relatives aux contingents d'heures supplémentaires. On leur a promis de reprendre leurs propositions dans la loi. En récompense : une trahison ! Dans le projet dévoilé en fin de semaine dernière par le gouvernement, on découvre la possibilité, contestée par les syndicats, de déroger aux 35 heures.

François Chérèque s’estime « trompé par le ministre du Travail », tandis que Bernard Thibault s’offusque de la méthode et du contenu du projet de loi relatif au temps de travail, qui « modifie autoritairement les 60 articles du code du travail ». « C’est gravissime », juge-t-il à raison.

Pour ajouter l’insulte à l’injure, à Bruxelles, le gouvernement français a lâché nos voisins espagnols, belges, grecs ou hongrois qui ont vivement critiqué, d’une seule voix, l’autorisation de pousser la durée maximale du travail à 60, voire 65 heures, dans l’Union européenne.

Voilà le résultat d’une politique gouvernementale qui méprise le dialogue social. Non seulement c’est gravissime pour les garanties collectives, mais c’est aussi une forme de sabotage de toute tentative future de réforme. Aucune réforme n’est juste et efficace si elle ne respecte pas le dialogue social et si elle le décrédibilise comme l’a fait le gouvernement.

Si la loi n’est pas fidèle à l’accord et étend de nouvelles dérogations aux 35 heures, quel crédit les syndicats pourront-ils apporter encore à une négociation ?

Source : Désirs d'avenir

Par Arnaud Fage - Publié dans : Ségolène Royal présidente en 2012
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