LGV. La présidente de Poitou-Charentes va payer sa quote-part, contrainte, forcée... et en colère
dossier LGV. On sait qu'elle avait proposé, dans un courrier à François Fillon, de
financer le chantier du tronçon de Tours-Bordeaux par le biais de l'Établissement public foncier régional (EPFR). En retour, le Premier ministre lui avait fait indiquer son refus d'une telle
solution, pour des questions purement juridiques.
« Ce que je vais faire ? Je vais céder au chantage pour ne pas pénaliser la région », a-t-elle répondu, avant de s'en
prendre vigoureusement à la politique gouvernementale.
Elle en pense beaucoup de mal et ne s'est pas privée de l'écrire dans une nouvelle lettre que va prochainement
recevoir M. Fillon.
Elle dit considérer l'État « comme mal géré puisque ses caisses sont vides ». En conséquence, il doit puiser dans celles d'une région qui, elle, - c'est sa patronne qui l'affirme - « est bien gérée ».
« C'est une forme de racket. C'est une atteinte à la démocratie locale. Cette dépense imposée se fera au détriment d'investissements que nous avions prévu de faire », a-t-elle poursuivi, fort mécontente de la façon dont les négociations ont été menées.
On lui avait clairement laissé entendre que si Poitou-Charentes ne mettait pas la main à la poche, Angoulême,
Poitiers et Châtellerault risquaient de regarder passer... le train.
D'ailleurs, dans un communiqué, Alain Juppé réaffirmait hier cette menace en termes choisis, écrivant que « le problème du cofinancement en Poitou-Charentes n'étant pas entièrement réglé, le dossier, afin de ne pas retarder la procédure d'appels d'offres, laisse ouvertes trois options relatives aux aménagements de desserte en Poitou-Charentes ». Élégant propos ne laissant guère le choix.
Voilà donc Ségolène Royal avec une facture de l'ordre de 120 millions d'euros sur les bras.
Une somme qui sera lissée dans le temps, les décaissements intervenant au fur et à mesure des travaux qui pourraient
s'étaler sur une dizaine d'années. C'est sans doute un pur hasard si, hier après-midi, à Poitiers, que le préfet de région Bernard Tomasini, a fait parvenir un communiqué indiquant que l'État
avait versé près de 40 millions à la Région depuis le début de l'année, au titre de la taxe intérieure sur les produits pétroliers...
Cette décision de la présidente de Région a au moins fait deux heureux.
D'abord, son ancien premier vice-président, Jean-François Fountaine, qui avouait hier soir que pour l'équipement du
territoire, il était impossible de passer à côté de cette LGV.
« Et n'oublions pas, ajoutait-il, que les rames du TGV, c'est à Aytré, aux portes de La Rochelle, qu'elles sont construites par Alstom. Voilà du travail pour quatre à cinq ans. Et lorsque Alstom ne peut faire face au plan de charge, c'est à Heuliez qu'il sous-traite... » Message très clair.
Dominique Bussereau, secrétaire d'État aux Transports, jubilait également.
« On peut envisager le début des travaux de ce qui sera le plus grand chantier d'Europe pour début 2011 », affirmait-il, en espérant que la décision de Ségolène Royal entraîne les « derniers Gaulois » à changer d'avis. Le département des Deux-Sèvres et les communautés de Niort, Saintes et Rochefort résistent toujours...
Arnaud Fage – Source : sud ouest
Au gouvernement comme dans l'opposition, les politiques s'apprêtent à boucler leurs valises.
République Nicolas Sarkozy prendra, mercredi, la direction de la côte varoise, pour trois
semaines dans la maison de son épouse Carla Bruni-Sarkozy au cap Nègre, pendant que son Premier ministre François Fillon partira en Toscane.
Le secrétaire d'État chargé de l'Industrie Christian Estrosi ne prendra pas vraiment de vacances, "ce ne serait pas
raisonnable", dit-il, mais seulement de longs week-ends en montagne.
Pour la ministre de l'Économie Christine Lagarde et le ministre du Travail Xavier Darcos , "ce seront des vacances
très studieuses et courtes" en raison du nombre de dossiers en cours. La ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie partira en Dordogne, puis en Méditerranée.
Pour se préparer à la rentrée, le haut-commissaire aux Solidarités Martin Hirsch passera quinze jours "à la montagne"
et le secrétaire d'État chargé des prisons Jean-Marie Bockel prévoit "vélo, nage et lecture" au pied du mont Ventoux et de "la marche dans l'arrière-pays niçois".
Les anciens Premiers ministres Michel Rocard et Alain Juppé , chargés de proposer des pistes pour les priorités du futur emprunt national, s'exileront pour le premier dans le Maine-et-Loire, et
pour le second dans sa maison d'Hossegor, dans les Landes.
Si certains restent fidèles à la moitié nord du pays comme la secrétaire d'État à l'Économie numérique Nathalie Kosciusko-Morizet , qui attendra le terme de sa grossesse dans la Manche, ou le
secrétaire d'État aux Affaires européennes Pierre Lellouche qui résidera dans l'Eure, beaucoup choisissent le sud.
La Corse aura ainsi la faveur de nombreux élus, tels Jack Lang pour quelques jours de repos avec sa famille, Xavier
Bertrand , secrétaire général de l'UMP, le ministre du Budget Éric Woerth , le secrétaire d'État à la Consommation Hervé Novelli et le secrétaire d'État au Logement Benoist Apparu
.
La ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse prendra des congés dans la maison familiale, en Corrèze,
département où Jacques Chirac réside actuellement avant de se rendre à Saint-Tropez, avec des amis.
Certains politiques cherchent toutefois à garder leur destination secrète, comme Martine Aubry . Le ministre de l'Écologie Jean-Louis Borloo prévoit de se reposer en famille, mais quand on lui
demande "où ? ", il répond : "Sur terre", pour éviter les paparazzi. "À Ouagadougou !", dit en riant Ségolène Royal , qui souhaite "protéger (sa) vie privée" mais qui resteras une grande partie
de l'été en Poitou-Charentes.
Le leader d'Europe Écologie, Daniel Cohn-Bendit qui avait conseillé aux socialistes de "partir en vacances" dès la
mi-juillet, ira, lui, dans l'Hérault. L'eurodéputé et leader du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon prévoit de "nomadiser entre Atlantique et Méditerranée".
Le président du MoDem François Bayrou passera ses vacances chez lui, dans le Béarn, où il se consacrera à la lecture, comme de nombreuses autres personnalités politiques.
Certains comptent même consacrer leur été à l'écriture, comme le député PS Manuel Valls qui a loué une maison près de
Florence, en Italie, Philippe de Villiers , qui profitera de son séjour à Belle-Ile-en-Mer pour "écrire le scénario d'un nouveau spectacle du Puy-du-Fou", ou le député PS Pierre Moscovici , qui
rédigera un petit livre sur "Comment la gauche peut gagner en 2012".
Pour d'autres, les vacances sont toutefois déjà terminées. Le leader du FN Jean-Marie Le Pen revient de la Trinité-sur-Mer, dans le Morbihan, et va travailler à Paris tout l'été.
Arnaud Fage – Source : le Point
L’escort girl que fréquentait le président du Conseil italien est en France. L’occasion de s’expliquer sur son rôle dans cette intrigue politico-judiciaire.
C’est presque par hasard que Silvio Berlusconi se retrouve au milieu d’un « sexgate ». En mai dernier, les juges des Pouilles enquêtent sur des pots-de-vins versés par un
entrepreneur local.
La justice de Bari met en lumière « le système Gianpaolo Tarantini », qui vise à arroser les politiques pour faciliter la fourniture de matériel sanitaire aux structures publiques locales.
Rapidement, elle découvre que Gianpaolo Tarantini paye des call-girls pour participer à des soirées dans les
résidences privées de Berlusconi. Patrizia D’Addario s’y rend deux fois, et passe avec lui la nuit du 4 novembre 2008.
Parallèlement, début mai, en demandant publiquement le divorce, l’épouse du chef du gouvernement accuse son mari de
fréquenter des mineures. Veronica Lario pointe du doigt la présence de son mari à l’anniversaire des 18 ans de Noemi Letizia, une Napolitaine qui surnomme Papi le chef du
gouvernement.
L’accusé nie en bloc, mais se contredit dans ses explications.
Silvio Berlusconi agit. Ses avocats parviennent à faire interdire la publication des quelque 5 000 clichés pris par
un photographe sarde, Antonello Zappadu.
Des clichés dont certains montrent des jeunes filles nues dans des poses érotiques, des fêtes tout autant dénudées
dans la villa sarde du président du Conseil, ou encore celui-ci, des jeunes femmes sur les genoux. Sur une photo, l’ancien Premier ministre tchèque Mirek Topolanek est immortalisé dans le plus
simple appareil.
Difficile donc pour Berlusconi de continuer à nier, d’autant que Patrizia D’Addario a enregistré les conversations de ces soirées festives. Certaines transcriptions sont publiées sur
Internet.
On y entend notamment Silvio Berlusconi donner rendez-vous à la call-girl dans « le grand lit de Poutine ». Ces
révélations sont suivies d’un cambriolage chez Patrizia, qui se déclare menacée, mais réserve de plus amples détails pour la justice. Patrizia D’Addario est à Paris pour quelques
jours.
« Je ne suis pas un saint », finit par admettre Berlusconi la semaine dernière, tandis que la majorité parlementaire
continue de marteler que tout cela relève de la sphère privée du chef du gouvernement.
Faux, rétorque l’opposition, qui accuse Berlusconi d’avoir voulu placer call-girls et show-girls sur ses listes
électorales aux européennes, et d’avoir utilisé les avions de l’Etat pour amener ces jeunes filles jusque dans sa villa en Sardaigne, photos à l’appui.
Dans les médias, le groupe de « l’Espresso » se livre à une campagne virulente contre Berlusconi en l’exhortant à répondre à dix questions « que tout le monde se pose ».
A Bari, l’enquête est en cours, et d’autres call-girls sont interrogées. Jusque-là les Italiens ne se sont pas réellement intéressés au dossier. De fait, à 49 % fin juin, la cote de popularité de Silvio Berlusconi n’a baissé que de deux petits points.
Arnaud Fage – Source : le Parisien