CARBURANT VERT POUR LA CAMPAGNE DE SÉGOLÈNE ROYAL
Excellence environnementale en tête, Ségolène Royal entend mettre sa campagne 2010 dans les pas de la campagne 2004
«Le temps passe très vite...» Ségolène Royal avait invité hier la presse régionale pour évoquer ce qui n'est pas un bilan, ce qui n'est pas un programme non plus, mais tout comme: un regard sur presque six années passées à la Région, plus les quelques mois qui viennent pour faire le compte.
Les élections auront lieu les dimanches 14 et 21 mars prochain.
La présidente de Région aime les campagnes électorales. Sans doute aurait-elle préféré aborder celle qui s'annonce
avec l'ensemble des troupes réunies sous sa bannière, fière d'un bilan à l'avant-garde de l'écologie politique. «Et tout le monde se reconnaît aujourd'hui dans
l'écologie...»
Elle n'aura pas ce bonheur, les Verts ayant décidé de faire liste à part au premier tour.
«Moi et mon équipe, on est au travail jusqu'au bout. Y compris ceux qui font liste séparée. Ils font toujours
partie de la majorité régionale.»
Sur son calendrier, Ségolène Royal a coché tous les rendez-vous qui vont lui permettre d'affirmer l'excellence environnementale qu'elle revendique. Et ils sont nombreux en
novembre.
Si elle ne veut pas précipiter le départ de la campagne officielle prévu en janvier, elle entend occuper le terrain
et celui de l'écologie en particulier.
Au programme du 13 novembre, la semaine prochaine, le lancement de la Simplycity, la voiture électrique conçue par
«Eco et Mobilité» à Chauvigny dans la Vienne. Une petite urbaine trois places dont la présidente avait pris le volant lors du dernier Mondial de l'automobile à Paris. «C'est un tour de
force qu'ils ont réussi à faire. Ce sera une des premières parmi les voitures grand public...»
Un coup d'œil à la première éolienne à axe vertical fabriquée à Mignaloux - l'éolienne prévue sur le toit de l'hôtel de région ne sera sans doute pas prête pour 2010 - et Ségolène Royal
enchaînera avec une grande réunion publique le dimanche 15 à Niort, un degré de plus dans un dispositif de campagne qui se prolongera les 25 et 26 novembre au Parc des Expositions de Niort pour
les cinquièmes rencontres des éco-industries en Poitou-Charentes.
En sourdine depuis quelques mois au plus près du terrain, la campagne de Ségolène Royal revient donc en surface sur le thème majeur de la croissance verte et de l'excellence environnementale.
«Ma locomotive, mon levier», comme elle aime à dire. Elle se dit sereine.
«Je me suis tellement donnée à la Région.» Mais elle entend mettre tous les atouts de son côté. Si les Verts
ont des différences à faire valoir par rapport à ce qui s'est fait à la Région, qu'ils le disent... «Pour moi, l'écologie ne doit pas être punitive. C'est pour cela que je me suis opposée
aux Verts sur la taxe carbone. On ne peut pas faire d'écologie avec des taxes.»
Ségolène Royal défend ses résultats sur les transports - +40 % de fréquentation sur le train express régional (TER) - et sur sa politique de territoires: «Donner à voir du concret aux gens,
raccourcir les circuits de décision...»
On l'aura compris, les plans de la rue Solferino, siège du Parti socialiste, ne risquent pas de beaucoup influencer ceux de la Région. «Je n'ai pas d'injonction partisane à
recevoir.
Ce qui compte, c'est l'intérêt de la région. Les valeurs humaines et d'efficacité sociale. Je ne négocierai pas
avec les appareils de partis. Je me sens libre d'agir.» Dans les quatre départements, la présidente a le sentiment que «ça se passe beaucoup mieux qu'en 2004». Notamment en
Charente où elle souhaite voir Michel Gourinchas, le maire de Cognac, prendre la tête de liste. Le vote des militants aura lieu début décembre.
Se pose-t-elle la question du rassemblement au deuxième tour?
Plus vraisemblablement, c'est celle du premier tour qui fait sortir Ségolène Royal du bois. L'arrivée du secrétaire
d'Etat aux Transports Dominique Bussereau dans le combat, même poussé par ses amis, laisse planer une inconnue sur le vote en Charente-Maritime, 40 % de l'électorat régional.
Entre des Verts qui jouent perso, un PS dans le vague et un ministre condamné à se battre, la route de Ségolène Royal
n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît.
Arnaud Fage – Source : Charente libre
Cachez ce chiffre que je ne saurais voir. Au dernier pointage, l'UMP compte officiellement 228 740 adhérents à jour de cotisations, soit le même niveau qu'à l'automne dernier, mais nettement moins qu'au mois de janvier, lorsque le secrétaire général du parti majoritaire, Xavier Bertrand, revendiquait 270 000 adhérents.
C'est un « confidentiel » du Figaro qui a révélé ce chiffre jeudi dernier.
« La rubrique du Figaro porte bien son nom », note au passage Politique.net, « l'information est restée confidentielle », alors même que le chiffre des adhérents PS à jour de cotisations avait fait le tour des médias fin septembre, lorsque Libération écrivait qu'il était descendu à 64 000 (il est depuis remonté au-dessus de 90 000 après la consultation militante du 1er octobre).
Surtout que l'UMP s'éloigne allègrement de l'objectif fixé par Xavier Bertrand, quand il avait été installé en grandes pompes à la tête du parti, le 24 janvier :
« Nous atteindrons et dépasserons les 500 000 adhérents en 2012. »
On comprend mieux pourquoi le parti n'a pour une fois pas fait de communiqué, ou pourquoi le bloc qui indiquait le nombre de militants quasiment en temps réel a disparu de la page d'accueil du site de l'UMP depuis quelques mois.
Après le soutien massif apporté par les caciques de la majorité à Frédéric Mitterrand pris dans la tourmente de ses écrits, la défense aveugle par les mêmes de l'élection/nomination de Jean Sarkozy à la tête de l'Epad a fini par écoeurer une frange des adhérents UMP.
Certains ont demandé leur radiation, comme le montre cette revue des commentaires réalisée le 20 octobre par LeMonde.fr :
Nicolas R : « On ne peut défendre l'indéfendable, justifier l'injustifiable, sinon on rentre dans un système autocratique dans lequel le chef a le droit de faire ce que bon lui plaît. Après dix-sept ans, pour la première fois, j'envisage de ne pas renouveler mon adhésion. »
Maxime C : « Jeune actif, issu des “quartiers populaires” comme on dit, j'ai adhéré en 2007 pour soutenir Nicolas Sarkozy. J'ai même eu quelques responsabilités aux Jeunes Pop'. Je croyais en sa vision du travail, du mérite et de la modernisation de la politique, nationale et internationale. (…) Mais maintenant Sarkozy, c'est décidé, je rends ma carte, et nous sommes nombreux de mes amis à faire de même… »
Philippe L : « Je suis militant, UMP… enfin je l'étais jusqu'à lundi dernier où j'ai demandé à la fédération de Gironde de me retirer définitivement de leurs fichiers. J'ai toujours voté à droite. Pour les municipales de 2008 j'ai pris ma carte. Je croyais bien faire. »
Pendant ce temps, les opposants à droite au parti présidentiel se frottent les mains. Notamment Nicolas Dupont-Aignan, qui s'est réjouit mi-octobre dans Le Parisien des « cinquante adhésions » enregistrées ces derniers jours par son parti, le plutôt discret Debout la République, « d'ex-militants UMP écoeurés par le double langage de Sarkozy ».
Quant à la présidente du Club Villepin, Brigitte Girardin, elle a confié à Rue89 qu'il comptait plus de 4 000 membres et s'est fixé pour objectif d'atteindre 100 000 adhérents fin 2010 :
« A la Maison de l'Amérique latine, nous avons enregistré plus de 200 adhésions. Et 312 le lendemain ! Il y a un vrai mouvement. »
D'autant que Le Figaro précise pour l'UMP qu'il ne s'agit que de « chiffres officiels » et que « certains, rue de La Boétie [siège du parti, ndlr], assurent que le nombre de militants est en deçà des 200 000 ».
Ce n'est pas la première fois que ce chiffre est sujet à caution. Le 21 mars 2008, Patrick Devedjian, alors secrétaire général, annonçait « 109 239 adhérents UMP à jour de cotisations ». Difficile dès lors de croire qu'il avait grimpé à 270 000 à l'automne dernier, d'autant qu'il n'y a pas eu d'élections entre les deux dates, toujours sources d'adhésions. A moins que ce ne soit grâce aux tongs UMP distribuées sur les plages en été…
Arnaud Fage – Source : rue 89
LE PS ET LES RÉGIONALES. Qui en tête de liste départementale ? Ségolène Royal soutient le tandem Denis Leroy - Françoise Mesnard
Ségolène Royal a fini par consentir à évoquer clairement les prochaines élections régionales. C'était hier, à Poitiers, lors d'une rencontre avec la presse écrite au cours de laquelle elle n'a pas fait de cadeaux aux Verts. Lesquels ont décidé, on le sait, de partir seuls au premier tour.
À la question de savoir qui elle verrait, au PS, mener les listes départementales (ce qu'elle fera dans les
Deux-Sèvres), elle a cité le nom de Jean-François Macaire - conseiller régional sortant, secrétaire fédéral du PS - dans le Vienne, de Michel Gourinchas, le maire de Cognac, en Charente et d'un
duo en Charente-Maritime.
À savoir Denis Leroy - adjoint au maire de La Rochelle chargé de l'urbanisme - associé à la sortante Françoise Mesnard, conseillère municipale d'opposition à Saint-Jean-d'Angély.
Un choix qui, d'emblée, a surpris : l'annonce avait été faite que M. Leroy devait, lors de la campagne à venir, retrouver le costume de « Monsieur Loyal », animateur-chauffeur de salles, rôle qu'il avait déjà joué lors des régionales de 2004 et de la présidentielle de 2007.
« Peut-on être à la fois tête de liste et présentateur dans le plus pur style "Piste aux étoiles" ? », a-t-il été demandé à la présidente sortante. Laquelle a d'abord répondu que l'allusion au cirque ne lui plaisait guère, avant de parer Denis Leroy d'un florilège de qualités. « On a besoin d'entraîner, de fédérer. Denis a beaucoup d'idées durant une campagne. Et il offre un côté fraternel, convivial, généreux. »
Voilà donc, dans l'esprit de Ségolène Royal, Denis Leroy en piste avec une double casquette, la présidente ne doutant pas que son poulain soit porté par les militants, puisqu'elle explique sentir « une très forte union sur le terrain par comparaison à 2004 ».
Arnaud Fage – Source : sud ouest