
C'est dans une salle comble (près de 500 personnes) et dans une atmosphère très studieuse que s'est tenue
l'université populaire et participative intitulée "Souffrance au travail, salariés bridés, chômage
explosif : les salariés peuvent-ils encore croire en la valeur travail ?".
L'Université ouverte par Ségolène Royal et animée
par Gaëtan Gorce député de la Nièvre, a réuni : Michel Gollac,
sociologue du travail, Centre de recherche en économie et statistiques (CREST), Yvan du Roy, journaliste auteur de
"Orange stressée", Paul Moreira, journaliste auteur de "Travailler à
en mourir", Yves Perrot, chef d'entreprise , Président du Centre des jeunes dirigeants
(Paris), Hélène Cixous, écrivain philosophe, Anna Sam, caissière de supermarché, auteur de "Les tribulations d'une caissière", Guy Eyermann et Dominique Duval,
syndicalistes, salariés de l'entreprise Fabris (Chatellerault)
Vous trouverez en cliquant sur ce lien le programme de cette Université ainsi que des fiches de lecture.
Et voici l'ensemble des interventions de cette université en vidéos.
Voir les vidéos sur le lien ci-dessous
Arnaud Fage – Source : Désirs d'avenir
La France, la Nation, l'identité nationale : ce que Ségolène Royal en a dit
La France, la Nation, l'identité nationale : pour Ségolène Royal, ce n'est pas d'aujourd'hui...
Ségolène Royal porte de longue date une vision de la France, de la Nation et de l'identité
nationale.
Son mérite n'est pas seulement d'avoir été la première à en parler, pas seulement d'avoir reconquis un terrain abandonné à tort à la droite, pas seulement d'avoir assumé cette cohérence au fil des ans, mais aussi d'avoir dit avec constance des choses profondes et fortes en phase avec les interrogations légitimes des Français confrontés à une mondialisation anarchique, à une Europe souvent décevante et aux mutations accélérées de la société française.

Elle a eu raison contre ceux qui confondent Péguy et Pétain, le patriotisme populaire et le nationalisme obtus. Elle a eu raison, à rebours des conformismes d'une certaine gauche, de défendre depuis longtemps une conception de la Nation qui tient compte du visage de la France d'aujourd'hui.
Alors, parce que nous sommes fier(e)s d'affirmer avec Ségolène Royal l'actualité d'une conception fraternelle de la Nation, voici, dans l'ordre chronologique, divers extraits de ses discours, écrits et déclarations qui témoignent qu'elle n'a attendu ni 2007 ni 2009 pour porter une vision de l'identité nationale qui rime avec solidarité, hospitalité et ouverture au monde.
Nous aurions pu commencer plus tôt et poursuivre au-delà mais nous avons choisi de démarrer avec son discours de Cambrin, prononcé en avril 2006 devant une assistance majoritairement ouvrière, et de nous arrêter un an plus tard, en avril 2007, avec son grand discours sur Jaurès.
Quant à la droite sarkozyste qui vient d'accumuler couacs et désaveux jusque dans les rangs de sa majorité, il est
clair qu'elle tente, une fois de plus, de faire diversion. On sait l'Elysée consommateur effréné de sondages en tous genres et, si l'on en croit la Cour des Comptes, peu regardant sur leur
coût.
On imagine donc sans peine qu'au fait de la défiance croissante de l'opinion, la droite a fait le calcul d'un opportun tintamarre sur cette question sensible. Faire, en vue de prochaines échéances électorales, le plein des voix de droite et d'extrême-droite n'est sans doute pas étranger à la soudaine promotion d'un sujet sur lequel, c'est le moins qu'on puisse dire, les approches divergent.
La ficelle, c'est sûr, est de taille, alors même que des politiques désastreuses minent la Nation en dressant les
Français les uns contre les autres et portent atteinte à l'image internationale de la France.
Comme pour faire oublier combien les injustices – fiscales, sociales, scolaires territoriales et autres – la défigurent et la fragilisent.
Comme pour faire oublier ce mauvais parfum d'Ancien Régime qui flotte avec insistance sur la France où l'on fit une Révolution pour en finir avec les privilèges héréditaires qui reviennent au
galop.
Raison de plus pour ne céder aucun pouce du terrain.
Raison de plus pour relire ou découvrir ce que Ségolène Royal en a dit.
Raison de plus pour ouvrir le débat sur Désirs d'Avenir.
Sophie Bouchet-Petersen
Tous les discours et déclarations de Ségolène Royal sur la Nation
30 avril 2006 : discours de Ségolène Royal à Cambrin (Pas de Calais), « aimer son pays c'est d'abord avoir le souci de le servir et non pas de se servir ».
9 mai 2006 : discours de Ségolène Royal à Villeurbanne, « ce qui fait France ? Avancer ensemble avec nos différences et la multiplicité de nos talents ».
27 juin 2006 : discours de Ségolène Royal à Soissons, évoquant la mémoire de Louis, fils de Jean Jaurès, tombé au front avant d'avoir 20 ans, et de tous ceux, nés ici ou ailleurs, de toutes origines et de toutes les couleurs, qui vinrent défendre le pays menacé.
20 août 2006 : discours de Ségolène Royal à Frangy, « quand le lien social se délite, c'est la Nation qui se fragilise ».
29 septembre 2006 : discours de Ségolène Royal à Vitrolles, annonce officielle de sa candidature à la candidature, « ce n'est pas en trahissant la République qu'on relève la Nation ».
17 novembre 2006 : discours de Ségolène Royal à Melle, après le vote d'investiture des militants socialistes, « c'est toujours quand le peuple s'y met que la France avance et bâtit un nouvel avenir ».
17 janvier 2007 : discours de Ségolène Royal à Toulon, « une France qui accepte ce qu'elle est devenue – plurielle, diverse, colorée – et qui sache s'en réjouir et en tirer parti ».
6 février 2007 : discours de Ségolène Royal à Paris (Halle Carpentier), « aimer son pays, c'est le vouloir meilleur ».
11 février 2007 : discours de Ségolène Royal à Villepinte (présentation du pacte présidentiel), « la France, c'est ce drôle de pays qui, comme disait André Malraux, n'est jamais aussi grand que lorsqu'il l'est pour tous les hommes ».
Mars 2007 : dans son livre « Maintenant », Ségolène Royal évoque l'importance de La Marseillaise, « ce n'est pas un chant sanguinaire et xénophobe mais un hymne révolutionnaire et patriotique ».
23 mars 2007 : discours de Ségolène Royal à Marseille, « cette garantie d'une égalité réelle, c'est le premier fondement de notre identité nationale » ; les 8.000 participants à ce meeting entonnent, à sa demande, la Marseillaise.
24 mars 2007 : à Correns, dans le Var, Ségolène Royal estime qu'il faut « reconquérir les symboles de la Nation » et que tous les Français devraient avoir chez eux le drapeau tricolore.
28 mars 2007 : interview de Ségolène Royal à Libération, « la Nation, telle que je la conçois, ne demande pas aux gens d'où ils viennent mais où ils veulent aller ensemble ».
6 avril 2007 : discours de Ségolène Royal sur Jean Jaurès, à Carmaux, « Jaurès avait l'amour de la France, de la République et de la Nation ».
Le Banquet
Il y a quelques jours est arrivé Boulevard Raspail un très beau texte, rédigé par un écrivain qui souhaite pour
l’instant garder l’anonymat. Un artiste épris de politique qui voulait exprimer avec ses mots et son regard ce que lui inspiraient les sommes considérables de papiers et d’échos de presse
négatifs, parfois diffamatoires, consacrés depuis des semaines à Ségolène Royal.
Nous avons choisi, dans un premier temps de publier ce texte à l’état brut sur le site de Désirs d’Avenir, sans toucher une ligne par respect pour le travail de cet auteur qui se révèle également être un observateur attentif de la vie politique et médiatique de ce pays.
La publication de cette lettre ayant suscité quelques réactions anormalement épidermiques, l’écrivain a donc proposé d’en modifier certains passages en se plaçant sous la protection de Platon, comme un pied de nez à tous ceux qui pensent que l’on peut, par pression détournée ou boules puantes lancées régulièrement à travers les échos de presse, manipuler, voire faire plier une personnalité politique aussi courageuse que Ségolène Royal.
Comment expliquer par exemple que le journal l'Express soit devenu le relais de Monsieur Stéphane Chomant qui se permet de porter atteinte à l'honneur et à la considération de Ségolène Royal à propos du site internet, de diffuser de fausses informations sur ses proches et de relater à sa sauce des entretiens que Ségolène Royal a eu avec Pierre Bergé, et auxquels il était seul à assister, sans qu'à aucun moment Ségolène Royal soit en mesure de rectifier ces propos malveillants?

Une telle désinformation est intolérable. Elle émane d’une réelle volonté de nuire, systématiquement, à Ségolène
Royal, dans les moindres détails.
Et même si les éléments relatés dans cette page d’écriture se sont déroulés le mois dernier, cette pollution
programmée, quasiment institutionnalisée de tout ce qui touche de près ou de loin à Madame Royal justifie d’autant plus la publication de cette lettre. Qu’on ne s’y trompe pas
!
Certains, pour atténuer la force du propos, s’empresseront d’abaisser ce courrier au rang de lettre anonyme. Mais ça n’est pas le cas. Il s’agit bel et bien du cri de colère d’un artiste qui nous fera parvenir régulièrement son regard sur le monde et dévoilera son identité en temps voulu.
Ségolène Royal aurait pu choisir de riposter en justice. Il y avait matière à le faire dans la déferlante, pour ne
pas dire le harcèlement, de papiers écrits notamment par le JDD, Libération, l'Express, le Point depuis plus d’un mois, et même ces jours-ci dans Jeune Afrique, là où travaillait Elise Colette.
L'équipe de Ségolène Royal a choisi cette fois d’utiliser la plus belle des armes : celle des mots.
Mais, à partir d’aujourd’hui, la justice sera saisie pour toute allégation qui peut porter atteinte à sa vie privée
et à l'honneur de ses proches. Il est inacceptable de lire dans la presse des retranscriptions totalement inventées de conversations téléphoniques ou de sms comme dans le
Point.
Et surtout il est inacceptable de découvrir des portraits diffamatoires ou portant atteinte à la considération de Monsieur André Hadjez ne reposant que sur la rumeur et sur l'intention de nuire indirectement à Ségolène Royal.
Madame Royal respecte infiniment la liberté de la presse, même lorsqu’elle exerce son droit de critique aussi
virulent soit il. En revanche, elle ne tolèrera plus le moindre mensonge, la moindre déclaration en in ou en off diffamatoire. Toute déclaration de ce type fera désormais systématiquement
l’objet de poursuites conformément à la loi. Ségolène Royal ne déclare pas la guerre à la presse.
Elle déclare la guerre à la rumeur.
Cela méritait d’être dit. Place à l’écriture.
L’équipe de Ségolène Royal
Le Banquet
J’ai découvert, partagé entre stupéfaction et points d’interrogation, la narration d’un diner, qui a eu lieu, le 19 Septembre à Paris dans plusieurs journaux nationaux ! Libération, Le Point,
et d’autres.
Un diner comme il en existe des dizaines de milliers, en France, un samedi soir. Entre amis.
Des amis d’un genre un peu particulier. Anciens collaborateurs de Ségolène Royal, ou amis, plus quelques manipulateurs, invités. Ce diner, a priori totalement anodin, est devenu, semble t-il, un évènement politique majeur, relaté par le menu dans deux organes de presse, et non des moindres : Libération et le Point. Une page entière avec appel de Une pour le quotidien. Mazette ! 5 pages avec photos pour l’hebdomadaire…. Sur le même diner.
Avec les mêmes dineurs, dans le même restaurant, le même jour et à la même heure. La, je me pinçais en me disant d’abord : « Mince ! On doit vraiment bien manger dans ce restaurant. Pour que tant de gens aient envie de s’y retrouver et tant de journalistes d’en parler »
Faut il qu’il se soit dit des choses essentielles, faut il qu’il se soit échangé des secrets d’états pour que cette
réunion improbable autour d’un verre d’Ovietto dans un restaurant italien parisien se soit transformée en conjuration de Catalina. Sur un mode mineur, il est vrai.
Ah ! Une société secrète, structurée, planifiant un assassinat en règle, et se réunissant à la lueur des bougies dans une cave, avec mot de passe à l’entrée pour évoquer l’impitoyable Ségolène
Royal, l’indisciplinée Ségolène Royal, la terrrrrible Ségolène Royal ! Voilà qui aurait eu un certain panache, une certaine envergure. Voilà qui eut mérité cette encre !
Mais non..rien de tel. Seulement la tristesse réelle des uns, la mauvaise foi des autres , les critiques, peut être
justifiées, tant de sentiments complexes qui font la vie des entourages politiques , tant de sentiments recyclés et retransmis à la presse dans un calcul politique évident.
D’ailleurs, certains, se retrouvant piégés dans un film qui n’était pas le leur, comme Jean Pierre Mignard ont
immédiatement démenti. Des démentis sincères contre une narration perverse et orientée.
Tout y était dans les moindres détails. Comme ses supposées conversations téléphoniques dans une voiture.
Faut- il être diablement renseigné pour connaître même la teneur des coups de fil de l’ex candidate .
Lorsqu’on connait les précautions dont s’entoure Ségolène Royal ou n’importe quel homme ou femme politique de ce niveau pour passer ses coups de fil, on se dit qu’il y a soit de l’espionnage,
soit de la romance.
Mais continuons sur ces inénarrables papiers.
On apprend qu’un grand dirigeant socialiste est tellement inquiet pour elle qu’il envoie des sms à son cabinet sur
lesquels on peut lire " Protégez la " La protéger… Mais de quoi donc ? Voyons… réfléchissons ! Ah, bien sur… la protéger de Monsieur André Hadjez !
Nous y voilà. Le voilà donc l’affreux jojo, le Méphisto de Casablanca, le Nosfératu de l’internet . Voilà André
Hadjez affublé d’un sombrero bien large.
Il nous en deviendrait presqu’immédiatement sympathique à force d’être détesté à ce point par ce sérail, qui impose ses codes et brule sur le bucher de sa vanité tout ceux qui n’en sont pas. Car il faut en être, du sérail. J’en suis ! Et je sais à quel point tous les André Hadjez du monde représentent tout ce que ce petit monde méprise du plus fort de son être.
Mais revenons à ce diner et aux analyses qui en ont été faites, en public ou en privé. Ségolène Royal était donc en danger, faible femme qui ne sait pas ce qu’elle fait, qui ne sait pas où elle va, flanquée d’un homme « étrange » « énigmatique » « mystèrieux. » L’abominable homme des sables, accusé aussi d’avoir voulu faire les poches de Pierre Bergé, via le nouveau site internet de l’ex candidate.
Faible femme, soumise aux influences sentimentales, voilà qui complétait le tableau tracé depuis sa conquête en 2006 :girouette, incompétente et devant être protégée surtout d’elle-même d’ailleurs….forcément.
Ce diner, dont plusieurs convives ont eu un électrochoc en retrouvant leur nom et leur propos dans la presse, ce diner aurait donc été, la dernière illustration de cette fragilité chronique, donc d’une disqualification, de fait, pour toute compétition nationale à venir. CQFD
Car c’est bien cela, plus largement, qu’il fallait démontrer, à travers ces fuites organisées, depuis 1 mois. D’abord
sur le site internet, ensuite sur le compagnon, enfin sur la vie au sein même de ses bureaux, de sa voiture, de ses mails.
Il fallait démontrer que Ségolène Royal est seule !
Nous y voilà !
Il y a 1 mois, elle était isolée.
Une semaine plus tard , elle était trés trés isolée !
La semaine suivante, elle était carrément seule !
Avant de découvrir , à travers ces articles, que « cette fois elle est VRAIMENT seule » tout étant dans le VRAIMENT
Seule Ségolène Royal ? C’est d’abord faire injure à son conseil politique, qui se réunit, chaque semaine, composé de fidèles de la première heure , qu’il s’agisse de Jean Louis Bianco ou de François Rebsamen et de cette jeune garde, la relève , Delphine Batho, Guillaume Garot ou Najat Varaud-Belkacem.
Seule Ségolène Royal ? 6 à 8000 adhérents à Désirs d’Avenir, au bas mot. Entre 300 et 600 personnes à chacune de ses Universités Populaires Participatives, ce laboratoire d’idées où se cotoient régulièrement et en public les meilleurs spécialistes des sujets traités, que ce soit sur les liens Afrique-Europe, la Valeur travail, la crise économique ou la sécurité alimentaire.
Seule Ségolène Royal, qui réunit 3500 personnes à la Fête de la fraternité à Montpellier sans l’aide de la Fédération, encore moins des élus dont certains ont même gentiment encouragé les militants à ne pas venir à montpellier ?
Seule Ségolène Royal ? C’est oublier un peu vite les centaines de milliers de connexions sur son site internet.
Seule Ségolène Royal, dans sa région en Poitou Charente, lorsqu’elle fait les marchés, rencontre les salariés, discutent avec les gens ?
Seule Ségolène Royal, à l’étranger lorsqu’elle est invitée en Grèce, aux USA, dans les balkans , en Afrique ou en
Amérique Latine pour exposer son expertise sur la démocratie participative ou le développement durable ?
Cessons ces fadaises, ces analyses tirées par les cheveux qui consistent à démontrer à travers chaque détail, que cette femme est disqualifiée pour la présidentielle.
J’ai même lu et j’avoue que les bras m’en sont tombé, l’interview d’un spécialiste de la spécialité internet
expliquant le plus sérieusement du monde que le site démontrait qu’elle ne savait pas s’entourer, donc qu’elle ne savait pas décider, donc qu’elle n’écoutait personne, donc qu’emmenée à diriger
un pays, elle serait forcément incapable de diriger une armée ou de prendre des décisions stratégiques.
Tout cela à partir d’un site qui a buggé !
« Socrate est mortel. Les chats sont mortels. Donc Socrate est un chat »
Ce syllogisme d’Eugène Ionesco illustre à merveille la bêtise crasse de ce type de raisonnement qui empoisonnent l’analyse politique .
Oui, derrière ces fuites, incessantes, cet analyse décortiquée de tout évènement qui touche de prés ou de loin l’ex
candidate à la présidentielle, il y a bel et bien une opération politique rondement menée pour affaiblir une personnalité politique au moment le plus sensible : après une défaite et avant une
reconquête.
Cet instant, connu par François Mitterrand, ou Jacques Chirac, cet instant de mutation où l’on quitte ses réflexes anciens, ses vieilles habitudes où l’on se reconstruit personnellement, politiquement, après avoir fini son deuil. Ce moment délicat où la nouvelle armure n’a pas encore remplacé l’ancienne, où l’on réfléchit à ce qu’on n’a pas fait et ce que l’on fera la prochaine fois, où l’on recompose ses équipes, son corpus idéologique, ou l’on s’ouvre à d’autres horizons pour faire son miel et repartir à la bataille.
On appelle cela une traversée du désert. Tout les hommes et les femmes politiques majeurs l’ont subie, l’ont
dépassée, pour finalement triompher. J’ai traversé suffisamment de septennats pour pouvoir l’affirmer : Ségolène Royal vit cet instant là et ce mois infernal était destiné, non pas à la faire
réfléchir mais bel et bien à la disqualifier durablement, à miner son terrain avant son tremplin des régionales.
Pierre Bergé l’a bien compris qui, en petit comité , tance ses troupes et rappelle à qui veut l’entendre qu’il soutiendra l’ex candidate jusqu’au bout. Il était là, le 5 octobre dernier, avec BHL à l’université populaire consacrée à Barak Obama. Et il sera là jusqu’au bout, malgré la tentative de l’un de ses collaborateurs qui alimente depuis des mois la chronique politico-médiatique et ne s’en cachent même plus.
Quelles que soient les errances, les zones d’ombre, les fulgurances et le tempérament intraitable de Ségolène Royal,
méritait elle ce flot venimeux, ces articles en cascades, ce bashing permanent total de gauche, de droite, du centre, des verts ?
Non, évidemment . Mais à bien y réfléchir, elle devrait en être flattée.
Qui peut se vanter de subir un tel traitement ?
Qui peut se vanter d’être en permanence l’objet d’échos aussi farfelus que sa supposée soirée new yorkaise avec une
astrologue célèbre ou la vraie fausse mission confiée par le PNUD ?
Combien de pages consacrées aux incohérences permanentes de Nicolas Sarkozy, aux valses et aux portes qui claquent
dans les cabinets de tel ou tel ministres ?
Combien ? Si peu à dire vrai au regard de ce que le moindre de ses faux pas, la moindre de ses déclarations, la moindre de ses sorties privée, déclenche comme coulée d’encre et de lave
malveillante.
Si Ségolène Royal doit s’interroger sur ce qui peut déclencher ce type de comportement irrationnels, l’autre face de
son charisme, elle aurait tort de se poser en victime.
Il y a dans ce monde à genou, une forme de grandeur à rester libre, à tenir debout et à le rester, même face au vent le plus violent. Surtout face au vent le plus violent.
Il y a là la marque des grands guerriers à faire de la politique comme on l’entend, comme on le croit juste, en dépassant les codes qu’elle juge obsolètes, à tort ou à raison.
Il y a la une véritable raison de se réjouir, pour qui aime démocratie et le débat d’idée, de voir une femme qui a déjà vécu une vie que peu de leaders politiques ont eu la chance de construire : plusieurs fois ministre, députée, finaliste d’une présidentielle. Oui, il y a toutes les raisons de se réjouir a voir cette femme poursuivre sa route, tracer son chemin avec son sabre , sa principale qualité : le courage.
Renverser la table, ouvrir la voie, chercher, proposer, trébucher, se relever , avancer comme un brise glace :
l’ordre juste , la fraternité, la démocratie participative, la France métissée, la rénovation du parti socialiste. Elle a impulsé toutes ces idées et l’on voit bien à quel point son propre
parti, obsédé, encore et toujours par sa candidature à la prochaine présidentielle, siphonne ces idées sans en produire de nouvelles.
Il y a enfin quelque chose de réjouissant à voir une femme assumer pleinement sa vie privée, même si cette vie privée ne convient pas aux codes germanopratins.
On ne devrait pas sous estimer Ségolène Royal. L’an dernier, à la même époque, Bertrand Delanoé devait gagner le Congrés de façon écrasante. On vit ce qu’il advint. En Juin dernier, c’est François Bayrou qui devait dépecer le parti socialiste aux Européennes. On vit ce qu’il advint.
Il fut un temps peu lointain ou Olivier Besancenot était considéré comme l’opposant principal à Nicolas Sarkozy. On vit ce qu’il advint. Aujourd’hui, c’est Dominique de Villepin . Et demain ?
Ainsi va la presse , qui fabrique périodiquement des diables et des dieux, des héros et des salopards. Mais seules
comptent vraiment les courbes de vie qui viennent de loin, s’enracinent dans les victoires, se nourrissent des défaites, pataugent dans la boue de leur campagne, de leur rue, emballent les
foules et prêchent dans le désert, marchent très accompagné ou les mains dans les poches, seuls, sous la pluie.
On appelle cela un destin politique. Peu de dirigeants sont capables de le forger. Ségolène Royal en fait partie. Et
il se pourrait bien qu’un jour, à force d’avoir été isolée, elle soit majoritairement seule.
Platon