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Samedi 24 octobre 2009

« Un jour, un destin » : les chiffres, eux, ne mentent pas

A la suite de la diffusion par France 2, le 20 octobre, de l'émission « Une vie, un destin » consacrée à Ségolène Royal, voici quelques précisions : sur les conditions dans lesquelles a été réalisé le film de Dominique Fargues ; et sur la signification réelle des chiffres d'audience brocardés par certains dont l'impénitente mauvaise foi n'est pas un scoop.


Commençons par le commencement : le choix des images, des thèmes et des témoignages ainsi que l'ensemble du scénario du film projeté sur France 2 relèvent de l'entière liberté de la réalisatrice. Et c'est très bien comme cela.


A aucun moment, Ségolène Royal n'a été associée à ses choix (elle ne l'a d'ailleurs pas demandé) ni aucun membre de son équipe.



Nous avons tous découvert ce film sensible, honnête et souvent fort judicieux lors de sa diffusion télévisée.


Il n'a échappé à personne que l'angle privilégié par cette émission de Laurent Delahousse n'est pas l'exposition de propositions pour la France et que son sujet n'était pas le bilan des actions politiques de Ségolène Royal mais le récit de son trajet et l'évocation de cette part d'histoire personnelle dont tout engagement politique authentique est tissé.


Les responsables du magazine de France 2 avaient annoncé un portrait, genre forcément personnel et subjectif. Ce fut le cas et cela nous va très bien.


« Peopolisation ! » s'écrient comme un seul homme ceux qui sont les premiers à tirer la politique vers le bas, comme ils nous l'ont amplement démontré au cours de ces dernières semaines.


Non. Juste une histoire humaine et éminemment politique, avec son lot de plaies et de bosses, de peines dépassées, de joies partagées et de volonté d'imaginer l'avenir. Nous avons, pour notre part, revu avec émotion les images de grands moments que nous avons vécus ensemble.


D'autres viendront, nous le savons.


Venons-en maintenant à l'aplomb avec lequel quelques uns, paresseusement repris par beaucoup d'autres, s'efforcent de faire mentir les chiffres en présentant l'audience de cette émission comme « un flop », « un naufrage », « un enterrement » et autres bérézinas. France 2 reléguée ce soir-là à la 4ème place, voilà qui témoignerait de rien moins que la mort cathodique et politique de Ségolène Royal. Bigre !


Peu importe qu'à y regarder de plus près, rien ne vienne corroborer cette prophétie tant de fois ressassée.


C'est le clou du fiasco qu'il s'agit d'enfoncer.


Il faut les comprendre : cela fait si longtemps qu'ils en ont envie et que cela ne vient pas, si longtemps qu'ils s'échinent sans toucher au but, copiant-collant leurs fielleux arguments, faisant feu de tout bois, extrapolant sur les dîners en ville, tordant les faits à tel point que c'est devenu, chez certains, comme un réflexe pavlovien.


Alors il faut bien, au risque de lasser, rétablir la vérité des choses.


Oui, en diffusant « Les Experts » à la même heure, TF1 a fait cartons pleins (31,5%), comme d'habitude avec cette série-culte.


Oui, « Le Village français » sur France 3 a, une fois encore, suscité l'intérêt d'un public nombreux (15,3%).


Oui, l'excellent « Desperate Housewives » sur M6 a, sans surprise, attiré beaucoup de téléspectateurs (15%).

Oui, le match de Ligue des champions a, sur Canal Plus, mobilisé nombre de ceux qui vibrent pour le foot (7,5%).


Mais non, 2,27 millions de téléspectateurs fidélisés d'un bout à l'autre de l'émission et une part d'audience de 9,2%, ce n'est pas « un mauvais score », comme ils disent, c'est même – au regard des publics réunis par les émissions politiques, toutes catégories confondues – une performance !


Tous les observateurs le reconnaissent : les invités politiques les plus notoires, de gauche comme de droite, n'ont, ces derniers mois et pour les plus regardés d'entre eux, pas dépassé le plafond, d'ailleurs nullement déshonorant, de 7,1% de part d'audience. La moyenne des émissions politiques se situe en dessous de 5%.


Les meilleurs scores concernant des personnalités politiques ? Ce sont (si l'on excepte les prestations officielles du Président de la République quand il s'invite sur les chaînes de télévision) deux portraits diffusés dans l'émission de Laurent Delahousse : en premier, « Chirac intime » et en second, celui dont Ségolène Royal a fait l'objet, classement dont, vous en conviendrez, il n'y a pas lieu de rougir !


Nous ne sacralisons pas la mesure obsessionnelle de l'audience.


Mais puisqu'on lui cherche querelle sur les chiffres, eh bien regardons-les en face et réjouissons-nous qu'ils témoignent, loin de la défection claironnée, du grand nombre de Français qui ont ce soir-là, en dépit de programmes très attractifs sur les chaînes concurrentes, choisi de regarder le film de Dominique Fargues sur Ségolène Royal et l'interview de Laurent Delahousse.


Et cela, comme l'ont admis certains commentateurs, bien que la période, sans échéances électorales nationales à court terme, soit traditionnellement peu favorable aux émissions traitant de sujets politiques.


On peut, comme vous le voyez, donner des mêmes chiffres deux lectures opposées selon qu'on est a priori de parti-pris ou qu'on s'efforce à davantage d'objectivité. Alors merci à ces 2,27 millions de téléspectateurs que certains tiennent pour quantité négligeable !


Merci à toutes celles et à tous ceux qui nous ont dit avoir, comme nous, éprouvé devant leur écran la fierté d'un combat partagé.


N'écoutons pas ceux qui prétendent qu'il n'est de politique respectable que désincarnée et sèche.

Ceux qui opposent l'émotion et la raison, les sentiments et les convictions, les trajectoires personnelles et l'histoire collective.


Ceux qui nous voudraient plus conformistes, plus faciles à ranger dans leurs petites cases.

Continuons sereinement sur le chemin que nous avons choisi.


Fidèles aux idées et à l'espérance que porte Ségolène Royal.


L'équipe de Ségolène Royal

Politique de civilisation et volontarisme politique

Nos amis du PASOK viennent de remporter une belle victoire aux élections législatives grecques, sous la conduite de Georges Papandréou.


Le nouveau Premier Ministre a, à plusieurs reprises, accueilli Ségolène Royal en Grèce lors de rencontres de haut niveau mêlant des responsables politiques du monde entier et des chercheurs.


En ces occasions, Ségolène Royal a notamment exposé ses conceptions concernant le rôle des socialistes dans un monde dont le modèle de développement a failli, la tâche historique qui devrait être celle de l'Europe dans ce contexte, l'apport d'une démocratie authentiquement et radicalement participative dans une perspective d'intervention des citoyens dans les décisions qui les concernent et d'efficacité des politiques publiques.


 

Le PASOK lui a demandé un court texte montrant, à travers un exemple concret, ce que peut l'action politique pour inverser la fatalité et anticiper l'avenir.


Cette contribution sera publiée, avec d'autres exemples venant d'autres pays, dans un numéro spécial du grand quotidien TO VIMA, tiré à 400.000 exemplaires et conçu avec Republic, le think thank du Parti socialiste grec.


Cette édition exceptionnelle vise à nourrir un large débat citoyen dont le nouveau gouvernement de gauche compte s'inspirer pour enrichir ses orientations.


Ségolène Royal a fait le choix d'évoquer le cas précis de la voiture électrique lancée en Poitou-Charentes et de la reconversion de l'entreprise Heuliez:


"Les crises témoignent d'un monde qui n'est plus et annoncent un monde qui n'est pas encore.


Tel est le moment historique.


L'étroite interdépendance de ce que, par facilité de langage ou paresse de pensée, on nomme communément « les crises » (financière, économique, sociale, écologique, alimentaire, démocratique...) et l'impossibilité de les traiter l'une sans l'autre montrent qu'à un modèle globalement à bout de souffle et facteur d'insécurités multiples, la gauche du 21ème siècle doit opposer ce que le sociologue Edgar Morin appelle une « politique de civilisation ».


Dans cette perspective, c'est de front que doivent être relevés les différents défis qu'une vieille pensée de la société et du progrès cloisonnait à l'excès.


Un exemple : le défi écologique. Impossible d'accomplir cette révolution écologique dont nous savons l'urgence en la cantonnant à une approche artificiellement sectorielle.


Une autre conception du développement et une réelle efficacité de la protection de notre environnement, cela veut dire une reconversion radicale de nos économies, des politiques industrielles anticipatrices, un investissement massif dans la recherche et la formation pour stimuler la création d'activités et de manières de produire inédites.


Cela veut dire en même temps un enrichissement de notre conception de la justice sociale au-delà la redistribution après coup, certes nécessaire : c'est aussi en amont que des politiques d'égalité réelle doivent intégrer la dimension écologique, avec l'accessibilité des transports publics, la qualité de l'habitat social, l'abaissement des factures des ménages populaires par les énergies renouvelables, la lutte pour la santé au travail industriel et agricole, la réinvention des solidarités Nord-Sud, etc.


Quand j'ai décidé, devant l'indifférence des constructeurs automobiles français, de lancer dans la Région que je préside un appel à projets pour la fabrication d'une voiture électrique bon marché, je l'ai fait pour un faisceau de raisons. Ecologiques : un véhicule affranchi du pétrole et non polluant.


Economiques : encourager des entreprises innovantes et reconvertir un équipementier automobile, détenteur d'un solide savoir-faire, qui risquait de disparaître parce que ses donneurs d'ordres l'avaient lâché et que le fatalisme des notables le condamnait. Sociales : transformer des centaines d'emplois menacés en emplois d'avenir et mettre à la portée de tous une voiture à faible coût.


Fiscales : favorable à une fiscalité écologique efficace et socialement juste, je me suis opposée à la taxe carbone telle que le gouvernement Sarkozy l'a décidée car, sans voitures électriques à bas prix aujourd'hui disponibles ni transports collectifs adaptés aux milieux péri-urbains et ruraux, où est la liberté de choisir un autre mode de transport que sa voiture individuelle à essence et, pour les familles populaires, d'être écologiquement responsables ?


J'ai voulu que la Région solidifie conjointement l'offre et la demande de véhicules électriques. Avec un coup d'avance, nous avons mobilisé les entreprises sur un projet novateur.


Nous sommes entrés au capital de cet équipementier à hauteur de 5 millions d'euros (une première en France !) pour favoriser l'implication de repreneurs privés et obliger l'Etat à faire son devoir en mobilisant son Fonds d'investissement stratégique théoriquement créé pour stimuler la relance.


Nous avons pris en charge la sécurisation des parcours professionnels des salariés (formation et garantie de ressources) dans le temps de latence entre la disparition des anciens emplois et la création des nouveaux.


En parallèle, nous agissons sur la demande en mobilisant entreprises et collectivités territoriales pour qu'elles achètent ces véhicules électriques et en créant une aide à l'achat pour les particuliers.


Cette implication n'est en rien un retour à « l'économie administrée » de jadis, quand l'Etat se piquait de jouer directement les entrepreneurs.


Ce modeste exemple illustre ce que je crois devoir être le nouveau volontarisme de la puissance publique, à l'opposé du pseudo-volontarisme surjoué mais sans résultats de la droite sarkozyste :  répondre aux difficultés d'ici et maintenant en imaginant l'avenir et faire le choix de politiques multidimensionnelles où la justice sociale, toujours, est la condition de l'efficacité économique, écologique et démocratique."


Ségolène ROYAL


Présidente de la Région Poitou-Charentes


Présidente de Désirs d'Avenir


ancienne Ministre


députée honoraire

Contre l'ordre moral : l'ordre juste !

Réponse aux amalgames de Chantal de Gournay dans Libération du 19 octobre 2009   

              
Par Sophie Bouchet-Petersen


Dans une tribune publiée ce lundi 19 octobre par Libération sous le titre « Majorité morale et déni des corps », Chantal de Gournay, sociologue de son état, affirme que Ségolène Royal aurait ouvert la porte à un ordre moral nauséabond par « son amalgame entre pédophiles et pédérastes ».


http://www.ligne-de-mire.fr/blog/images/bouchet%20petersen.jpg

 

Il faut, si j'en crois la suite de ce texte d'allure faussement radicale mais, à y regarder de près, vraiment réactionnaire, entendre ici « pédéraste » comme se rapportant aux relations sexuelles concernant un(e) mineur(e) qui n'est plus dans l'enfance, par exemple « une adolescente pubère et une adolescente apte à la nuptialité ».


Y range-t-elle l'adolescente de 13 ans que Polanski est accusé d'avoir violentée ? Il semble.

Madame de Gournay considère la sodomie imposée comme une circonstance atténuante pour celui qui l'a commise car il y a, estime-t-elle, pire que le viol : tomber enceinte à une époque où l'avortement était encore illégal ou contracter aujourd'hui le sida et l'hépatite.


Pour avoir moi-même avorté à 16 ans bien longtemps avant que l'IVG ne soit légalisée, je sais combien la chose était alors difficile.


Mais je ne confonds pas l'accident résultant d'un rapport consenti entre pairs, fussent-ils mineurs, avec l'abus de pouvoir d'un adulte forçant une très jeune fille à se plier à son désir et transgressant, ce faisant, le devoir de protection dû par ceux d'avant à ceux d'après.


On ne peut confondre la symétrie des amours juvéniles, fussent-elles accompagnées d'un précoce passage à l'acte sexuel, avec la violence d'une confusion des places et d'un rapport forcément asymétrique quand un adulte dicte sa loi sexuelle à celui ou celle qu'il a les moyens de dominer physiquement ou psychologiquement. Je ne me suis, pour ma part, jamais pâmée devant les récits faisant l'éloge de la consommation adulte des « moins de 16 ans », titre d'un livre qui eut son quart d'heure de célébrité et moquait les cerbères maternels faisant rempart contre les prédateurs.

Ségolène Royal a eu raison de combattre énergiquement le crime pédophilique et, dans le même temps, de rendre accessible la pilule du lendemain, y compris sans autorisation parentale, aux jeunes filles mineures courant le risque d'une grossesse précoce. On s'en émut à l'époque. Elle tint bon.


Madame de Gournay n'aime pas « la chasse à l'homme » dont elle estime que Frédéric Mitterrand a été l'innocente victime. Sans doute n'a-t-elle pas entendu Ségolène Royal déclarer le 11 octobre, au Grand Jury RTL-LCI, qu'elle n'y joindrait pas sa voix, tout en rappelant sa totale condamnation du tourisme sexuel, ce privilège sordide du Nord sur le Sud, contre lequel elle renforça, lorsqu'elle était Ministre de la Famille, les sanctions pénales. Elle a eu également raison de refuser qu'il y ait deux justices, l'une pour les pauvres et les anonymes, l'autre pour les riches et les notoires.


Ségolène Royal n'a jamais prôné un ordre moral d'un autre âge mais un ordre juste où la libéralisation des moeurs et l'heureux affranchissement des carcans d'antan, hâté par les combats des féministes de ma génération, ne saurait être l'alibi des chasseurs de proie s'abandonnant à leurs pulsions en appelant libération la pure et simple soumission à un rapport de forces structurellement déséquilibré.


En ce sens, Michel Onfray, qui raconte avoir vécu quatre ans durant sous cette menace, a bien raison de dire, dans la même page de Libération, que « la morale n'est pas une affaire de moralisme benêt mais de justice sociale ».


Que d'amalgames, en vérité, dans le texte de Madame de Gournay qui mélange le respect du corps avec son déni et assimile toute la génération soixante-huitarde (dont je suis et sans remord mais pas Ségolène Royal, qui n'en avait pas l'âge) au crétinisme du « il est interdit d'interdire ».


Etrange, pour finir, cette prose qui prend la pose libertaire et s'accommode d'une petite fixette islamophobe qui, je l'avoue, m'irrite quelque peu les narines. Je préfère, pour ma part, la République métissée de Ségolène Royal et sa conviction maintes fois dite : ce qu'une génération doit à l'autre, c'est la limite.


 Sophie Bouchet-Petersen

Par Arnaud Fage - Publié dans : Ségolène Royal présidente en 2012
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