«Pass contraception». Lebranchu soutient S.Royal
Marylise Lebranchu, députée PS du Finistère et proche de Martine Aubry, a soutenu «avec force», hier, la proposition
«juste» de Ségolène Royal d'envoyer des «pass contraception» pour mineures à une centaine de lycées de Poitou-Charentes. La secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, a, elle, estimé que
Ségolène Royal «recycle ce qui existe déjà».
Arnaud Fage – Source : le télégramme
Ségolène Royal sur BFM TV
RMC INFO /BFM TV
BOURDIN AND CO – Le 12/11/2009 – 08:35:42
Invitée: Ségolène ROYAL
Jean-Jacques BOURDIN
Ségolène ROYAL est notre invitée ce matin. Ségolène ROYAL bonjour.
Ségolène ROYAL
Bonjour.
Jean-Jacques BOURDIN
Eric BESSON, vous connaissez Eric BESSON ?
Ségolène ROYAL
Oui.
Jean-Jacques BOURDIN
Vous connaissez bien ?
Ségolène ROYAL
Oui oui…
Jean-Jacques BOURDIN
Eric BESSON dit, je lis : « Ségolène ROYAL est la plus courageuse de tous les socialistes, elle est plus courageuse
que 99% des socialistes. » ça vous fait plaisir, non ?
Ségolène ROYAL
En tout cas il n’est pas le seul à le penser. C’est vrai que le courage c’est une qualité que l’on me reconnaît
souvent, donc j’accepte, et en même temps je m’interroge aussi sur les motivations de cette déclaration d’Eric BESSON, parce que j’ai dit très clairement ce que je pensais. D’abord en effet, je
crois qu’il ne faut pas fuir le débat sur l’identité nationale, c’est une question centrale, je l’ai abordée d’ailleurs…
Jean-Jacques BOURDIN
Certains socialistes fuient ce débat, vous le regrettez ?
Ségolène ROYAL
C’est vrai que certains socialistes fuient ce débat, pour des raisons, d’ailleurs, que je comprends. Parce que
parfois ils confondent le débat sur la nation avec le nationalisme, et moi je crois au contraire que nous avons à refonder la question de l’identité nationale. Vous savez, les Français sont à
la fois très attachés, bien sûr, à notre pays, ils le voient d’abord… lorsqu’on les interroge, lorsqu’on nous interroge sur qu’est-ce qui fait aujourd’hui, qu’est-ce qui fait France
aujourd’hui, c’est aussi bien le drapeau que la Sécurité sociale. Et ce qui est très important de comprendre c’est que nous avons la passion de l’égalité, et que c’est un peu le contraire,
c’est même beaucoup le contraire de la politique qui est conduite aujourd’hui par la droite. La deuxième chose, c’est que si ce débat est tout à fait légitime et qu’il ne faut pas en avoir
peur, ce qui est très contestable c’est la façon avec laquelle il est engagé aujourd’hui par le gouvernement et puis c’est la façon dont il est lié à des sujets polémiques.
Jean-Jacques BOURDIN
Vous allez participer à ce débat dans votre région, ou ailleurs en France ? Vous allez y participer, si on vous le
demande ?
Ségolène ROYAL
Mais d’une certaine façon j’y ai déjà participé, puisque allez voir sur le site desirsdavenir qui est le mien, vous
verrez toutes mes prises de parole.
Jean-Jacques BOURDIN
Oui, mais si un préfet vous dit « venez, venez dialoguer dans le cadre de ce débat, venez dialoguer avec les Français
», vous irez ou pas ?
Ségolène ROYAL
Non, parce que j’ai d’autres urgences aujourd’hui. Vous savez, moi ce qui m’a frappée dans cette semaine qui vient de
s’écouler, la première information la plus importante…
Jean-Jacques BOURDIN
La première information, pour vous, c’est quoi ?
Ségolène ROYAL
C’est l’augmentation du nombre de vols de produits alimentaires de familles qui n’arrivent plus à se nourrir. Dans la
France d’aujourd’hui voilà quelle est la principale information qui a été dévoilée cette semaine. Moi je considère…
Jean-Jacques BOURDIN
Une augmentation de 1,6 ou ,7%, ce qui n’est pas énorme !
Ségolène ROYAL
Si…
Jean-Jacques BOURDIN
C’est beaucoup, et à la fois peu.
Ségolène ROYAL
Mais derrière les pourcentages il y a quand même des chiffres, il y a des familles, il y a des gens qui n’arrivent
plus à se loger, qui n’arrivent plus à se chauffer, qui n’arrivent plus à payer les études de leurs enfants.
Jean-Jacques BOURDIN
Oui, parce que les produits qu’on vole le plus ce ne sont pas les produits alimentaires, ce sont les bouteilles de
whisky, ce sont les consoles de jeux vidéo, ce sont les produits qu’on vole le plus !
Ségolène ROYAL
Ce n’est pas vrai.
Jean-Jacques BOURDIN
Si.
Ségolène ROYAL
Ce n’est pas vrai.
Jean-Jacques BOURDIN
Si, Ségolène ROYAL c’est vrai.
Ségolène ROYAL
Pas dans l’augmentation du nombre de vols de produits. Si vous pensez qu’on peut minimiser une information comme
celle-ci…
Jean-Jacques BOURDIN
Nous reprendrons les enquêtes.
Ségolène ROYAL
Moi je ne le crois pas. je pense que ça révèle aussi un état de montée de la précarité en France, une montée du
chômage, il y a aujourd’hui beaucoup de jeunes qui sont en situation de grande pauvreté et un pays qui laisse ses jeunes dans une situation de grande pauvreté, c'est-à-dire qui n’offre pas de
perspectives d’avenir, c’est un pays qui est mal dirigé et qui est mal gouverné, et je pense qu’il y a d’autres façons de faire.
Jean-Jacques BOURDIN
Ségolène ROYAL, concrètement, tout le monde est d’accord pour débattre autour de l’identité nationale, mais
concrètement, au-delà de ces réunions publiques voulues et organisées par les préfets, concrètement, on peut faire quoi ?
Ségolène ROYAL
Je pense que concrètement on peut construire une société de confiance. Qu’est-ce que ça veut dire.
Jean-Jacques BOURDIN
C’est l’Etat qui peut donner et imposer une définition de l’identité nationale ?
Ségolène ROYAL
L’Etat a bien sûr un rôle à jouer. Pourquoi est-ce que l’Etat a un rôle à jouer ? Parce qu’un pays qui marche bien,
qui se remet debout et qui se remet à avancer, c’est un pays dans lequel tous les citoyens ont le sentiment que les efforts sont équitablement partagés. C’est un pays qui a le sentiment que
tout enfant qui naît sur le territoire français va avoir les mêmes chances d’accéder à la réussite scolaire. Ce sont quand même des défis et des enjeux majeurs.
Jean-Jacques BOURDIN
Ce débat a des relents passéistes, dit Hervé MORIN, ministre de la Défense.
Ségolène ROYAL
Mais je ne crois pas du tout. Il peut être vu de façon passéiste, de façon polémique, de façon…
Jean-Jacques BOURDIN
C’est un monde du gouvernement qui dit cela !
Ségolène ROYAL
Oui, mais moi je crois que ce débat doit être posé, et en même temps le contexte n’est pas bon. Pourquoi ? Parce que
nous sommes à quelques mois d’échéances électorales. Je crois que si la droite a lancé ce débat c’est aussi pour capter un certain électorat. Donc il faut reprendre ce débat calmement,
sereinement, après les élections régionales…
Jean-Jacques BOURDIN
Mais les Français ne savent pas comment on le traduit concrètement ce débat.
Ségolène ROYAL
Comment on le traduit concrètement ?
Jean-Jacques BOURDIN
Oui.
Ségolène ROYAL
D’abord en sauvant les acquis sociaux. Comment on le traduit concrètement ? En sauvant la Sécurité sociale. En
défendant les services publics, pour que chacun ait la protection à laquelle il a droit, en créant une société de sécurité, parce que si chaque citoyen est en situation de sécurité, alors il
peut déployer ses capacités de créativité et d’imagination. C’est ça l’identité nationale.
Jean-Jacques BOURDIN
Alors parlons d’identité nationale concrètement.
Ségolène ROYAL
C’est que chaque citoyen puisse savoir où nous allons ensemble. Pas d’où nous venons, quelles sont nos différences,
mais à la fois avec un respect de ces différences, mais qu’est-ce qui fait France aujourd’hui, c'est-à-dire qu’est-ce qui fait le ciment national, qui fait que chacun va avoir confiance en son
pays parce que son pays, notre pays, va donner à chacun des chances pour réussir sa vie et pour faire des libres choix.
Jean-Jacques BOURDIN
Alors soyons concrets.
Ségolène ROYAL
Mais je suis concrète.
Jean-Jacques BOURDIN
Plus de 5000 travailleurs immigrés en situation irrégulière sont en grève aujourd’hui, que faut-il faire ? Est-ce
qu’il faut les régulariser ? Est-ce qu’il faut abaisser la durée de séjour en France de 5 à 3 ans pour la régularisation ? Que faut-il faire ?
Ségolène ROYAL
Vous savez, d’abord on ne règle pas ce sujet-là par une phrase, mais regardez, ce qui est quand même très intéressant
dans la question que vous posez, c’est que d’un côté il y a des travailleurs en situation régulière, donc des entreprises qui ont fait venir ces travailleurs, et de l’autre il y a une
augmentation terrible du chômage. Donc qu’est-ce que ça veut dire…
Jean-Jacques BOURDIN
Mais ils demandent une régularisation, que fait-on ?
Ségolène ROYAL
Ce n’est pas eux seulement qui demandent une régularisation, c’est aussi les entreprises qui les ont fait venir. Donc
il y a…
Jean-Jacques BOURDIN
Vous ne me répondez pas là.
Ségolène ROYAL
Si si, je vous réponds très concrètement. Il y a des secteurs économiques où en effet, ces secteurs économiques ne
peuvent pas vivre sans une main d’œuvre étrangère, et il est véritablement très hypocrite d’aller d’un côté réprimer, comme c’est fait parfois avec beaucoup de férocité, des travailleurs, qui
travaillent, et qui n’ont pas accès à la dignité humaine parce qu’ils n’ont pas leurs papiers, donc ceux-là il faut bien évidemment les régulariser en regardant la situation économique sur les
territoires, et peut-être…
Jean-Jacques BOURDIN
Donc on prend au cas par cas, on regarde la situation de ces travailleurs immigrés en situation irrégulière, et s’il
le faut on régularise ?
Ségolène ROYAL
Bien sûr, bien sûr, parce que c’est très hypocrite…
Jean-Jacques BOURDIN
Mais on ne régularise pas massivement ?
Ségolène ROYAL
C’est très injuste ce qu’ils subissent. D’un côté ils participent au développement économique de notre pays ;
regardez le secteur de la restauration, le secteur du bâtiment ; où si tout d’un coup ces travailleurs étrangers s’arrêtaient de travailler ce sont des entreprises entières qui pourraient
s’écrouler, et de l’autre on le sait bien…
Jean-Jacques BOURDIN
400 000 travailleurs immigrés en situation irrégulière en France.
Ségolène ROYAL
Qu’est-ce que se disent les gens aussi, qui nous écoutent, ils se disent ils ont leurs enfants au chômage, ils sont
au chômage, ils se disent pourquoi on va chercher des travailleurs étrangers ?
Jean-Jacques BOURDIN
Exact.
Ségolène ROYAL
Pourquoi ?
Parce qu’ils ne sont pas suffisamment payés, parce que les salaires sont très très bas, et donc il y a des
entreprises aussi qui font du trafic de main d’œuvre, qui préfèrent en effet aller chercher des travailleurs étrangers, avec tous les trafics auxquels cela conduit, toutes les exploitations
humaines auxquelles cela conduit, sans se poser la question de savoir comment on réorganise aussi, à l’échelle de la planète, la répartition des aides publiques, pour que des entreprises
puissent aussi se construire, émerger, se développer, dans le pays d’origine de ces hommes et de ces femmes qui sont obligés, poussés par la faim et par la misère, de traverser la mer, souvent
de s’y noyer, pensez à tous ces jeunes qui sont partis par exemple du Sénégal et qui se noient en mer, pour aller dans des pseudos eldorados, où là ils sont encore beaucoup plus mal traités et
réprimés.
Donc le système aussi est à réformer à l’échelle planétaire pour que les pays pauvres aient aussi accès au
développement économique, grâce à un contrôle beaucoup plus rigoureux des aides publiques, et que dans les pays riches on puisse bien évidemment à la fois accueillir dignement les travailleurs
étrangers, dès lors que nos économies en ont besoin, mais ne pas leur faire subir la double peine, à la fois la peine de l’émigration et de la clandestinité misérable, et en même temps des
salaires misérables.
Jean-Jacques BOURDIN
Un mot en marge de ce débat sur l’identité, et puis nous passerons un peu de pub, faut-il interdire par la loi le
port du voile intégral, niqab ou burqa, dans les lieux publics ?
Ségolène ROYAL
Ce sont toujours les mêmes questions qui reviennent.
Jean-Jacques BOURDIN
Oui, mais je vous pose la question parce qu’elle fait débat, vous le savez bien.
Ségolène ROYAL
Oui, elle fait débat, et en même temps ça a été mille fois dit sur cette question-là. Bien évidemment que la burqa
n’a pas sa place sur notre territoire, mais d’une façon générale, pour les femmes qui doivent avoir la liberté d’aller et de venir. Donc travaillons aussi par la conviction, ne faisons pas des
lois qui permettent de se donner bonne confiance et qui pourraient…
Jean-Jacques BOURDIN
On combat, mais on ne légifère pas.
Ségolène ROYAL
S’il le faut, il faudra légiférer, mais commençons déjà par convaincre, c'est-à-dire par agir pour la liberté et la
dignité des femmes. Vous savez, dès que les femmes sont scolarisées, qu’elles vont à l’école, à ce moment-là ce sont elles-mêmes qui luttent contre la burqa. Car souvent ces signes d’oppression
se transmettent de mère en fille, et c’est par l’école, par l’émancipation par l’école, qu’un jour les femmes comprennent qu’elles peuvent se battre pour leur émancipation.
Jean-Jacques BOURDIN
Ségolène ROYAL, un petit débat qui agite l’opinion publique et surtout les médias depuis le début de la semaine, les
déclarations de Marie NDIAYE, prix Goncourt. Est-ce que les écrivains doivent observer un devoir de réserve comme le demande Eric RAOULT, député UMP ?
Ségolène ROYAL
Je crois quand même que la liberté d’expression des écrivains est un bien très précieux, ça, ça fait partie de
l’identité nationale, et heureusement qu’ils ont cette liberté d’expression. On lui reproche, je crois, d’avoir tenu des propos désobligeants à l’égard de Nicolas SARKOZY, c’est quand
même…
Jean-Jacques BOURDIN
Dans « Les Inrockuptibles » cet été.
Ségolène ROYAL
C’est quand même un comble. Je crois que dans une démocratie il doit être possible de critiquer le pouvoir en
place
Jean-Jacques BOURDIN
Mais si quelqu’un vous critique, si quelqu’un tient des propos désobligeants sur vous…
Ségolène ROYAL
Je crois que j’ai eu ma dose.
Jean-Jacques BOURDIN
Vous avez eu votre dose…
Ségolène ROYAL
Et moi je n’ai jamais poursuivi, j’aurais pu.
Jean-Jacques BOURDIN
Vous auriez pu ?
Ségolène ROYAL
Oui, pour injures publiques. Souvenez-vous, chaque fois que je dis quelque chose monsieur LEFEBVRE dit « il faut
qu’elle aille en hôpital psychiatrique etc… » Regardez cette liste d’insultes que j’ai reçues, je me suis dis ça fait partie de la démocratie, du débat public. De toute façon je crois que les
Français n’aiment pas les attaques personnelles, et donc, d’une certaine façon, ceux qui profèrent ce type d’attaques sont aussi sanctionnés dans l’opinion.
Jean-Jacques BOURDIN
Faut-il permettre à un couple homosexuel d’adopter légalement un enfant ?
Ségolène ROYAL
Vous avez vu que le tribunal administratif de Rennes, en tout cas, a autorisé cette adoption, puisqu’une femme
demandait…
Jean-Jacques BOURDIN
Cette possibilité d’adoption, oui.
Ségolène ROYAL
Avec une femme qui s’est battue, je crois, pendant plusieurs années. Moi je crois que c’est bien, parce qu’on sort
d’une hypocrisie. Vous savez…
Jean-Jacques BOURDIN
Vous y êtes favorable ?
Ségolène ROYAL
Je pense qu’une famille homosexuelle est une famille, et donc de ce point de vue je pense que ça va…
Jean-Jacques BOURDIN
Vous seriez au pouvoir, vous demanderiez un assouplissement de la loi ?
Ségolène ROYAL
La loi existe déjà, c’est ce que les Français, peut-être, ne savent pas, puisque l’adoption par un père ou une mère
célibataire….
Jean-Jacques BOURDIN
Une personne seule, c’est possible.
Ségolène ROYAL
Par une personne seule est possible, donc dès qu’elle se met en couple, du coup, l’enfant est élevé par deux
parents.
Jean-Jacques BOURDIN
C’est une hypocrisie ça, non ?
Ségolène ROYAL
Oui, c’est une hypocrisie. C’est pour ça que je vous disais tout à l’heure que la décision du tribunal permet de
sortir de cette hypocrisie et permet aujourd’hui l’autorité parentale conjointe, de deux adultes, qui s’engagent pour élever un enfant, et ce qui est important c’est la qualité de l’éducation
qui est donnée à cet enfant, l’amour donné à cet enfant, l’émancipation donnée à cet enfant par l’éducation.
Jean-Jacques BOURDIN
Vous avez envoyé dans votre région ces chèques contraception pour les lycéennes mineures ?
Ségolène ROYAL
Oui.
Jean-Jacques BOURDIN
Ils sont partis ces chèques ?
Ségolène ROYAL
Ecoutez, non, pour l’instant, parce qu’il y a blocage du ministère de l’Education nationale…
Jean-Jacques BOURDIN
Mais vous allez le faire ou pas ?
Ségolène ROYAL
De monsieur CHATEL. Oui, je vais l’envoyer aux infirmières scolaires…
Jean-Jacques BOURDIN
Malgré le blocage de l’Education nationale ?
Ségolène ROYAL
Oui, je vais le faire, quand même ! Pourquoi je vais faire cela ? Parce que je veux lutter contre les grossesses
précoces des filles mineures. Je pense que c’est un…
Jean-Jacques BOURDIN
C'est-à-dire une lycéenne mineure va recevoir un chèque contraception, sous quelle forme ?
Ségolène ROYAL
Alors un chèque…
Jean-Jacques BOURDIN
C’est quoi ?
Ségolène ROYAL
Alors c’est un carnet de ticket, où il y a à la fois la possibilité d’aller faire une consultation médicale gratuite,
la possibilité ensuite, il y a un deuxième ticket pour accéder à l’achat de contraceptifs, un ticket pour faire les analyses médicales et un ticket pour faire une visite de
contrôle.
Jean-Jacques BOURDIN
Dans les lycées de la région Poitou-Charentes ?
Ségolène ROYAL
Oui, ça va être donné…
Jean-Jacques BOURDIN
Dans tous les lycées ?
Ségolène ROYAL
Oui, par l’intermédiaire des infirmières scolaires. Vous savez que quand j’étais ministre de l’enseignement scolaire,
déjà, ça soulevait des polémiques.
D’ailleurs maintenant plus personne ne conteste, j’ai autorisé les infirmières scolaires à distribuer la pilule du
lendemain, pour éviter, pour lutter aussi contre les grossesses précoces.
Moi, je crois qu’un enfant qui vient au monde doit être un enfant désiré, et que des toutes jeunes filles qui se
retrouvent enceintes, soit par défaut d’information, soit parce qu’elles sont isolées, soit parce qu’elles sont en rupture de famille, c’est une grande souffrance, c’est un grand
désastre.
Jean-Jacques BOURDIN
Et la distribution de ces chèques, je n’aime pas trop le mot, contraception, je n’aime pas trop le mot « chèque
contraception »…
Ségolène ROYAL
Non, c’est pour bien faire comprendre que c’est gratuit, oui.
Jean-Jacques BOURDIN
Ca va commencer quand ?
Ségolène ROYAL
Là, ils partent, ils ont été envoyés malgré le blocage du ministère de l’Education nationale, blocage que je ne
comprends pas. Puisque je crois que les infirmières scolaires ont la capacité…
Jean-Jacques BOURDIN
Ils partent là, dans les jours qui viennent aujourd’hui ? La semaine prochaine ?
Ségolène ROYAL
Oui, voilà, en début de semaine prochaine, ils vont être envoyés, aux infirmières scolaires des lycées, qui pourront
dans les contacts qu’elles ont avec les élèves, donner au nom de la région, cette possibilité d’accéder à la contraception, et en même temps ça permet un dialogue avec des jeunes filles qui
sont totalement paumées.
Ca permet aussi de renouer le lien, souvent avec les parents, ça je crois que c’est très important, et on donne bien
la pilule du lendemain dans les établissements scolaires, c’est encore mieux de prévenir et à l’occasion de ce dialogue, d’expliquer pourquoi il y a un tel mal-être ou un tel malaise de jeunes
filles, qui parfois se réalisent en étant enceintes.
Tout d’un coup on a des jeunes filles que j’ai rencontrées, qui m’ont dit : au moins ça m’a fait exister d’avoir un
enfant. Sauf qu’à 16 ans, 17 ans, parfois 15 ans, quand vous mettez un enfant au monde, je crois que c’est fait dans de mauvaises conditions, et en tout cas, il est très important, je le disais
à l’instant, qu’un enfant qui vient au monde soit un enfant profondément désiré et accueilli et permettre à ces jeunes filles de milieux sociaux très, très modestes, et souvent en situation
d’abandon, de maîtriser leur avenir.
Jean-Jacques BOURDIN
Ségolène ROYAL, l’Europe, vous avez vu les images, Angela MERKEL, Nicolas SARKOZY, pratiquement main dans la main,
l’hymne allemand à l’Arc de Triomphe, ça vous… je sais que vous demandez la création d’Etats-Unis d’Europe, et même, vous allez plus loin, vous dites pourquoi pas un président élu par les
peuples d’Europe.
Ségolène ROYAL
Oui, je crois que l’anniversaire, d’ailleurs, de la chute du Mur de Berlin est un événement majeur. Ça s’est passé il
y a 20 ans, et pourtant, vous avez, il y avait plus de 100 000 personnes…
Jean-Jacques BOURDIN
Vous étiez à Berlin le 9 novembre 1989 ?
Ségolène ROYAL
Non, je n’étais pas à Berlin, je ne vous ferais pas croire le contraire…
Jean-Jacques BOURDIN
Non, mais je vous pose la question.
Ségolène ROYAL
Non, je ne prétends pas être là où je n’étais pas, en tout cas j’étais là le 9 novembre de cette année, puisque
j’étais invitée…
Jean-Jacques BOURDIN
Ça vous fait rire, qu’est-ce qui vous fait rire ?
Ségolène ROYAL
Vous savez pourquoi je ris…
Jean-Jacques BOURDIN
Non non…
Voir la vidéo et la suite de l'interview sur le lien
ci-dessous
http://www.desirsdavenir.org/segolene-royal/les-actualites/segolene-royal-sur-bfm-tv/12-11-2009
Arnaud Fage – Source : Désirs
d'avenir
Sarah Palin fait son "come-back"
L'ancienne colistière du candidat républicain John McCain se retrouve de nouveau sous le feu des
projecteurs.
Ses Mémoires, intitluées Going Rogue: An American Life [Virer rebelle : une vie américaine] ne sortiront aux
Etats-Unis que le 18 novembre, mais déjà toute la presse en parle et les préventes se sont envolées sur Internet.
L'ancienne gouverneure de l'Alaska a également un plan média digne d'une star et va entamer une tournée à travers
tout le pays pour vendre son livre.
"Mais quel est donc l'objectif de Sarah Palin ?" s'interroge le Los Angeles Times.
"Est-elle en train de se lancer dans une nouvelle campagne (beaucoup parle en effet d'elle comme d'une possible
candidate pour la présidentielle de 2012), ou ne fait-elle que suivre les traces de l'ancien candidat à l'investiture républicaine, Mike Huckabee, devenu depuis conférencier au long cours
?"
Une chose est sûre, avec ce livre, l'éditeur de Sarah Palin a mis la barre très haut avec un premier tirage de 1,5
million d'exemplaires.
Arnaud Fage – Source : Courrier
international